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La fête du Printemps de la Borne (*1 ) coïncidait cette année 2008 avec les journées du patrimoine de pays dont le thème était "le moulin".14 juin 2008.
La commune d'Aiguilhe, traversée par la rivière torrentielle la Borne comptait de nombreux moulins à eaux en activité il y a encore un siècle.
Aiguilhe-Animation a donc conçu et réalisé une animation-exposition ( *2 ) sur ce thème : une balade-conférence nous a conduit sur les emplacements de ces moulins le long des biefs du pont d'Estrouilhas au pont des abattoirs.
La première mention de l'existence de moulin à eau remonte peu avant l'ère chrétienne sur la côte orientale de l'Adiatique, en Illyrie.
Mais c'est surtout au Moyen-Age avec l'apport de l'arbre à cames que l'utilisation du moulin a pris son essor, sans oublier l'intérêt économique des seigneurs avec l'instauration du droit de banalité prélevé sur tout le blé moulu sur leurs terres dans leur moulin banal.
En fait, le moulin hydraulique fut l'unique moteur de l'industrie (forges, laminoirs, scieries, papeteries,...) jusqu'à l'invention de la machine à vapeur de James Watt au XVIIIème.
L'abandon du moulin date de l'entre-deux guerres.
Le moulin du Garay
Propriété de la famille Balme, existe encore sur le chemin qui conduit à l'usine à gaz (aujourd'hui EDF) à Ste-Catherine. Il est bâti en moellons et l'on peut encore lire sur une des fenêtres la date de 1691.
Le moulin de Ste Catherine
Au lieu d'être alimenté par le Dolaison comme les [autres moulins du Puy], reçoit les eaux de la Borne par le béal du bois de la Pinède. Il existe encore en-dessous de l'ancien clos St Sébastien appartenanit à la collégiale St-Agrève le 18 sepetembre 1295 et était loué par elle à Antoine Vacher le 15 juin 1396 pour cinq setiers annuels de blé. En 1560, il était possédé par André Dujeune; en 1730 par les religieuses de Ste Catherine de Sienne.
Le moulin des Espaux
Appartenait au XVIème siècle aux d'Asquemye;
Le moulin de la poule blanche
Existe encore comme le précédent. Il est sur le même béal mais à droite du pont d'Aiguilhe en allant vers le Puy. Il était en 1597 propriété de Marguerite d'Orvy, femme de Gaspard d'Avignon.
Le moulin de Salazard
Il est situé "soubz les roc d'Aiguilhe". Guillaume de Chalancon, chanoine, le loua à Thomas Claron, boulanger, le 7 août 1340. Flurien Orvy le possédait au XVIème siècle. Il devint plus tard la propriété de l'hôpital et ses bâtiments furent affectés à la teinture des draps.
Le moulin des Barlières
Sur la Borne, existe encore en partie comme le précédent. Il était bâtit en moellons, servait de moulin municipal à la ville du Puy... et était situé sur l'ancien chemin descendant de la porte St-Robert à la Borne, "jouxte l'enclodz des Jacobins" et le boulevard des Farges.
Le moulin du Prat
Un peu plus loin sur la Borne, vers le Pont-Vieux, au bord de la prairie de la Prévôté (1349)
Le moulin de Courmailh
Il se trouvait encore plus haut, à l'emplacement actuel de la papeterie d'Espaly.
Les meuniers
Les meuniers se recrutaient dans les familles SOUVETON, MONBEL, RICHAUME, BLANC (de Vals), CHEVALIER, FABRE, THIOULOUZE, BERNARD, MASSIOT, LAURENT, BOYER.
Cliquer sur un nom de moulin pour obtenir un schéma de son emplacement
et cliquer sur le plan pour l'agrandir
| Moulins à eau (à moudre) | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| titre | emplacement | débit | chute | puiss. | caractéristiques |
1872 - Chambon Eulalie |
pont d'Estroulhas |
796 l/s |
1,71 m |
10 ch |
2 roues turbines
pour meules à seigle |
1874-1877 - Soulier André puis Roche Pierre |
pont d'Estroulhas |
840 l/s |
1,90 m |
10 ch |
4 roues turbines
: 3 pour le seigle, 1 pour l'orge |
1874-1878 - Roche Jean-Baptiste puis son fils |
Boleia sur rive droite, terrain de l'Hospice général |
615 l/s |
2 m |
10 ch |
4 roues turbines
- 3 pour seigle, 1 cylindre pour l'orge |
1873-1877 - Gevolite Baptiste puis Astier Victor |
Bonneville à 600 m du Puy |
570 l/s |
1,63 m |
6 ch |
3 roues turbines
, 2 pour seigle, 1 pour l'orge |
1873-1877 - Martel Bougiraud Pierre |
Bonneville à 600 m du Puy |
614 l/s |
1,97 m |
10 ch |
4 roueqs à palettes à rotation horizontale : 3 pour seigle, 1 pour l'orge |
1874-1879 - Roche Jacques |
Vesseire ( ou Pinède) à 800 m du Puy |
900 l/s |
1,95 m |
8 ch |
3 roues turbines |
Remarque : Dans le cas de ces six moulins tous sont dits posséder ce débit toute l'année sans qu'aucune crue l'empèche de fonctionner
| Établissements divers | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| titre | emplacement | débit | chute | puiss. | caractéristiques |
1872 - Apprêt de draps et filatures de laine - Hospice général |
sur dérivation de la Borne à 100 m du Puy |
420 l/s de novembre à mai, 280 l/s de juin à octobre |
1,80 m |
10 ch |
2 roues verticales à aubes, en dehors de la fabrique, l'une pour draps et filature, l'autre pour le foulage |
1880 - fabrique de métiers à façon pour le velours (1882 chômage) |
à Bonneville à 2 km du Puy |
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1877 - Brasserie - Dulac Schwab |
au Pont Neuf |
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moulin à moudre l'orge mû par un cheval |
La présence de plusieurs utilisateurs des eaux de la Borne (meuniers mais aussi filatures, paysans, jardiniers et blanchisseuses) a souvent provoqué des conflits entre eux, arbitrés et jugés par l'administration royale puis préfectorale. Voici quelques exemples et pour savourer le style et l'écriture certains écrits sont à disposition en cliquant sur le lien "voir texte".
Sur la demande du sieur Brunel de Bonneville, l'adjoint au maire de la commune d'Eguilhe, François Terrasse, faisant fonction de maire, se déplace sur les lieux et constate que la partie de la prairie appelée le Donjon qui touche à la digue qui sert à l'irrigation des prés de "la planche" a été envahie par les eaux et couverte de sable à cause de la grande hauteur de la digue qui donne à l'eau "une telle intensité, une telle rapidité, qu'elle tourbillonne revient sur elle-même et corrode journellement..." voir texte
Le meunier Gravier se plaint auprès du Préfet d'un surélèvement d'un barrage sur la Borne par le meunier Lavastre ce qui pertuberait le fonctionnement continuel de ses moulins. Le Préfet demande l'avis de l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées. Ce dernier juge en 1846 que la plainte est infondée. voir texte
Ce même meunier fait l'objet de plaintes deux ans plus tard d'autres meuniers voisins pour avoir à son tour surélevé la digue du moulin de l'Hôpital et l'ingénieur des Ponts et Chaussées demande au Préfet sa condamnation. voir texte
Trois propriétaires au Pont-Neuf, les sieurs Balme, Brédoire et Teyssonneyre réclament à l'encontre du sieur Martin qui a construit une usine et détourné un bief et compte agrandir son usine. Les pétitionnaires pensent que ces constructions risquent de faire refluer l'eau chez eux. Ils insinuent que l'Administration a de la bienveillance et des faiblesses pour le sieur Martin.
Cliquer ici pour ouvrir une carte montrant les emplaceùments de ces photos
| L'un des deux moulins sous le pont d'Estroulhas | L'entrée du bief alimentant les moulins en aval du Pont Neuf | Les restes des mécanismes hydrauliques du moulin des Hospices | Canal de fuite et le moulin de Bonneville (dit des scouts) |
| Retenue sur la Borne en aval du Pont Neuf avant la prise du bief des moulns (entrée marquée par une flèche) située juste avant le camping d'Aiguilhe. | |||
Le fonctionnement d'un moulin à eau est basé sur l'utilisation de l'énergie transportée par un cours d'eau sur lequel se trouve une forte dénivellation qui fournit la puissance nécessaire pour faire tourner une roue qui entraîne une meule de granit sur une autre maintenue immobile en écrasant les matières dont on désire extraire une poudre (farine,...)ou un liquide (huile,...).
Pour cela le détournement et le captage du cours d'eau à son profit ou même son partage avec d'autres moulins, blanchisseries ou tout simplement son usage pour abreuver le bétail ne peuvent qu'engendrer des conflits (voir exemples).
Afin d'obtenir une puissance maximum, le moulin est installé sur un canal de dérivation du cours d'eau, le bief (ou béal, béalière) ce qui le rend indépendant des autres usagers. Le bief de section réduite aboutit au moulin par une vanne d'alimentation permettant de régler le débit de l'eau sur la roue d'entraînement. A la sortie, le bief se poursuit en retour sur le cours d'eau (vanne de décharge).
A Aiguilhe, le creusement de béals courtcircuitants le méandre de la Borne permettait d'obtenir un débit plus important.
La puissance obtenue est calculée avec la formule :
Puiisance théorique (ch) = débite (l/s) * hauteur de chute (m) * 9,81 / 736
La puissance effective est obtenue en estimant le rendement de l'installation entre 0,5 et 0,6; ce qui est le cas pour les installations ci-dessus.
Le principe : un courant d’eau vient frapper les extrémités des rayons d’une roue dont l’axe (ou arbre) entraîne une meule. Selon la situation du moulin, le relief, le débit et la nature du cours d’eau, trois cas peuvent se présenter :
| Roue horizontale à palettes | Roue verticale par au-dessus | Roue verticale par en-dessous |
|---|---|---|
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Principe de fonctionnement du moulin à roue verticale :
Le mouvement de la roue est transmis aux meules par l'intermédiaire du "rouet", pièce en bois massif, dont les grosses dents engrénent les "fuseaux d'une lanterne" Le rouet, fixé à l'arbre de la roue, fait ainsi tourner la lanterne.... et l'axe dela lanterne ou "fer de moulin" ( grosse tige de fer) traverse la meule inférieure fixe (ou dormante) et met en mouvement la meule supérieure (ou tournante) par l'intermédiaire d'une tige métallique perpendiculaire scellée dans la meule, l'anille.
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Principe de fonctionnement du moulin à roue horizontale :